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Recourir à un prêt bancaire pour financer son projet d’entreprise

par | 30 Juin 2021 | Fiche conseils

Le prêt bancaire est une solution de financement régulièrement utilisée par les entreprises. Un projet bien préparé, cohérent et porté par un ou plusieurs créateurs motivés aura toutes les chances d’obtenir un financement bancaire. A contrario, un projet présentant un plan de financement déséquilibré et peu d’éléments probants sur son marché ne présentera pas les garanties suffisantes pour séduire et convaincre un banquier. Envie d’en savoir plus ? Retrouvez ci-dessous nos conseils pour mettre toutes les chances de votre côté afin d’obtenir un prêt bancaire !

1- Quelques clés pour comprendre le fonctionnement d’une banque

Une banque est une entreprise dont la principale activité est de financer l’économie. Elle constitue, juridiquement, une institution financière régie par le code monétaire et financier. Comme toute entreprise, elle cherche à minimiser sa prise de risque et à optimiser sa rentabilité. Parallèlement aux exigences commerciales propres aux banques, les accords dits « Bâle III » obligent les établissements financiers à respecter un certain ratio de fonds propres par rapport aux crédits accordés pour consolider les structures en cas de crise financière. Pour ces raisons, les banques sont extrêmement prudentes dans leur analyse des risques. Cela explique en partie pourquoi certains projets d’entreprise rencontrent des difficultés pour obtenir un financement bancaire.

Il s’agit généralement de projets :
– jugés « insuffisamment travaillés »
– présentant un plan de financement déséquilibré 
– ne réunissant pas un niveau de fonds propres suffisant
– dont le produit/service ne semble pas répondre aux besoins du marché.

2- Que peut financer une banque ou un pool bancaire ?

Dans chaque cycle de vie de l’entreprise, la banque est un business partner qui va accompagner l’entreprise pour financer, à moyen ou long terme, son développement.
Au cours de la phase de création, le premier réflexe est bien souvent de s’adresser à son banquier. Sauf que les banques souhaitent de plus en plus limiter les risques liés au démarrage des entreprises. Il est donc souvent nécessaire de trouver des ressources complémentaires pour financer son projet.

En phase de création, Il peut s’agir de :
– l’obtention d’un ou plusieurs prêts d’honneur accompagnés par d’autres partenaires (Réseau entreprendre, Initiative France) pour compléter ses fonds propres.
C’est un prêt à taux zéro sans garantie ni caution personnelle, qui est consenti directement au créateur d’entreprise. D’un montant variant de 2 000 à 50 000 euros suivant les zones géographiques et le type de projet, le prêt d’honneur vous permet de vous constituer un apport personnel conséquent et vous aide ainsi à obtenir un prêt bancaire.
– l’obtention d’une subvention.
L’Europe, l’État, les Régions, les différentes collectivités, ont mis en place des subventions (d’exploitation ou d’investissement suivant les cas) à destination des créateurs d’entreprises.
– la création d’un « pool bancaire » (plusieurs banques financent le même projet).
Un pool bancaire est un groupement de banques qui participe au financement total ou partiel d’une opération.
Enfin, impossible de parler des alternatives au prêt bancaire sans citer le crowdfunding (voir notre article sur le sujet), ou financement participatif. Désormais bien démocratisé dans le paysage financier français, il consiste à réaliser une collecte de fonds auprès du grand public, via des plates-formes en ligne spécialisées. Il permet de lever jusqu’à 2,5 millions d’euros, tout en offrant la possibilité de communiquer sur sa marque, de bâtir une communauté ou encore de tester son marché.
En cas de faible apport personnel, plusieurs solutions sont donc accessibles pour renforcer les fonds propres ou quasi-fonds propres : love money (capitaux apportés par les amis, la famille ou les proches pour aider un porteur de projet à lancer son entreprise et lui permettre de réaliser tous les investissements nécessaires pour démarrer afin de décrocher un emprunt bancaire, un crédit-bail immobilier ou une participation d’un fonds d’investissement.

En phase de développement, les banques peuvent financer des besoins en matériel (machines, racks, mobilier, véhicules …), des besoins immobiliers, des besoins immatériels (logiciels informatiques…).

Enfin, lors de la transmission, les banques financent le projet de rachat de parts sociales, de fonds de commerce, de bail commercial…

3- Quels sont les financements possibles par les banques ?

Les banques peuvent accorder aux entreprises des crédits bancaires à court, moyen ou long terme dont l’appellation est « prêts bancaires aux entreprises » (ou crédit professionnel).
Lorsqu’on parle de crédit professionnel moyen ou long terme, on définit ainsi la durée du prêt bancaire (le temps qui le sépare de la fin de remboursement du crédit). Le mot « terme » désigne la fin du crédit bancaire. Les conditions (taux d’intérêts) d’un crédit bancaire ne sont pas les mêmes suivant que l’on se situe sur du court terme ou du long terme.
En matière immobilière, les crédits professionnels les plus contractés sont des crédits à long terme, c’est-à-dire que les remboursements s’étalent sur une durée supérieure à 7 ans. Il s’agit souvent de crédits bancaires étalés sur 10 à 15 ans. Pour le crédit bancaire à court terme, il s’agit d’un crédit dont la durée n’excède pas 2 ans (plus utilisé en matière de consommation).
Pour les prêts à moyen terme (entre 2 et 7 ans), nous aurons donc le financement d’une création (BFR), d’une transmission, de matériel (machines, racks, mobilier, véhicules…), de biens immatériels (logiciels informatiques…) et pour les prêts à long terme, le financement de biens immobiliers principalement. On retrouvera également le crédit-bail pour le financement de matériel et de biens immobiliers.

4- Les principaux points d’attention

L’apport minimum
Le montant de votre prêt doit être proportionnel à vos fonds propres (minimum de 20 % en apport). Votre amortissement annuel ne doit pas excéder 60 % de la capacité d’autofinancement de votre entreprise. Ne braquez pas votre interlocuteur en lui demandant de financer votre fonds de roulement ou des investissements immatériels tels qu’une campagne de publicité. Il préfèrera financer des biens corporels sur lesquels il pourra faire un nantissement.

La diversification des sources de financement
A partir d’un certain endettement, les banques préfèrent pratiquer le co-financement (plusieurs banques pour un même financement, avec ou non un pool bancaire) afin de partager les risques.

L’accord de prêt
Quelles que soient la banque et la nature du projet, la décision d’accorder un prêt est toujours motivée par des éléments concrets présents dans le business plan complet, avec un prévisionnel de trésorerie, des devis, des éléments cadastraux (pour l’immobilier), des garanties (BPI, personnelles du dirigeant, nantissement…)…
Un business plan bien monté est une marque de respect vis-à-vis de votre interlocuteur. Ni lui, ni vous n’avez de temps à perdre. Votre plan de financement, établi sur trois ans, devra mettre en évidence un montant d’investissement réaliste, un apport personnel déterminant (minimum 20 % du montant global), une trésorerie prévisionnelle suffisante et un futur compte de résultat attrayant.

5- Que faire en cas de refus ?

Le refus ne doit pas être considéré comme un élément négatif mais comme une phase de réflexion supplémentaire permettant de procéder aux ajustements qui s’imposent. Normalement, le refus d’une banque est motivé et argumenté. Il existe toujours la possibilité de faire appel à la Médiation du crédit dont la mission est de faciliter l’accès au crédit des entreprises, mais cela peut être long, et ce n’est pas forcément un gage de réussite.

Nos recommandations

  • Connaître les dispositifs de financement accessibles pour choisir la solution la plus adaptée au besoin est un gain de temps. C’est le premier facteur clé de succès.
  • Lorsque l’on veut obtenir un financement à moyen ou long terme, la présentation de sa demande au prêteur est primordiale. L’entreprise n’a pas le droit à l’erreur. Un refus de la part du prêteur peut mettre le projet à l’arrêt.
  • Les entreprises ne connaissent pas toujours les attentes d’information des prêteurs, et les prêteurs connaissent parfaitement les comportements des entreprises sur le plan financier.
  • Nous conseillons au chef d’entreprise de solliciter un spécialiste pour le montage du dossier et la présentation de son besoin de financement au prêteur.
  • Parler le même langage que le prêteur est un gage de réussite.
    Et pour le faire, 5V consulting, votre spécialiste, est à vos côtés !
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